Sur un chantier de dalle ou de terrasse, le treillis soudé ST25 fait partie des références qu’on retrouve partout, des grandes surfaces de bricolage aux négoces de matériaux. Sa cousine, la version ST25C, lui ressemble tellement qu’on les confond facilement au moment de charger la remorque. Mais, ces deux panneaux ne travaillent pas de la même façon dans le béton. Voici ce qu’il faut savoir sur leurs dimensions, leurs usages et les règles de pose pour armer une dalle qui tiendra des décennies sans fissurer.
Treillis soudé ST25, dimensions, poids et section d’acier
Le ST25 est un panneau à maille rectangulaire de 150 × 300 mm, fabriqué avec des fils de 7 mm de diamètre dans les deux sens. Les fils rapprochés, espacés de 15 cm, forment le sens porteur, tandis que les fils transversaux, espacés de 30 cm, servent surtout à répartir les efforts et à maintenir l’ensemble, un rôle qui complète celui des joints de dilatation d’une dalle béton sans jamais le remplacer.
C’est cette dissymétrie qui le distingue du ST25C, dont la lettre C signifie simplement carré. Sa maille de 150 × 150 mm offre la même quantité d’acier dans les deux directions, et voici les données à retenir pour comparer les deux références.
- Le ST25 présente une maille de 150 × 300 mm avec des fils de 7 mm, pour une section d’acier de 2,57 cm²/m dans le sens porteur et de 1,28 cm²/m dans le sens transversal.
- Le ST25C adopte une maille carrée de 150 × 150 mm avec des fils de 7 mm, soit 2,57 cm²/m dans chaque direction.
- Le ST25 pèse environ 3 kg/m², contre à peu près 4 kg/m² pour le ST25C, qui contient un tiers d’acier en plus.
- Le format standard mesure 6,00 × 2,40 m, soit 14,4 m² par panneau, pour un poids d’environ 45 kg en ST25 et 58 kg en ST25C.
- Le prix constaté tourne autour de 40 à 60 € le panneau de ST25 et de 55 à 80 € pour le ST25C, avec des écarts sensibles selon l’enseigne et le cours de l’acier.
Méfiez-vous des fiches produits approximatives, qui inversent parfois les deux références ou annoncent des mailles fantaisistes. Le marquage du fabricant et l’étiquette de certification restent les seuls repères fiables au moment de l’achat.

Maille rectangulaire ou carrée, comment l’acier travaille dans la dalle
Dans une dalle, le béton encaisse très bien la compression mais supporte mal la traction, notamment celle provoquée par le retrait au séchage et par les variations de température. L’acier du treillis reprend ces efforts et empêche les fissures de s’ouvrir, à condition d’être placé là où la dalle en a besoin.
Avec sa maille rectangulaire, le ST25 renforce surtout une direction et convient donc aux ouvrages qui travaillent principalement dans un sens. Le ST25C offre au contraire une résistance bidirectionnelle homogène, ce qui le rend intéressant dès que la dalle se rapproche d’un carré ou reçoit des charges réparties dans tous les sens.
Un point technique reste souvent mal compris. Ces panneaux servent d’armature de retrait pour des dallages sur terre-plein ou des ouvrages légers, et non d’armature principale pour une dalle portée entre deux murs, qui relève toujours d’un calcul de structure.
Terrasse, garage, allée, quel panneau pour quel chantier
Pour une terrasse de maison, une allée piétonne ou un abri de jardin, le ST25 suffit dans la grande majorité des cas. Posé sur un hérisson bien compacté et noyé dans 10 à 12 cm de béton, il limite les fissures de retrait sans alourdir inutilement la facture.
Le ST25C prend l’avantage pour une dalle de garage qui supporte le poids d’une voiture, un local technique accueillant une machine lourde ou une grande dalle aux proportions proches du carré. L’acier supplémentaire se paie à l’achat et à la manutention, mais il apporte une marge de sécurité appréciable quand les charges roulantes entrent en jeu.
Sur un sol argileux ou un terrain sujet aux mouvements, mieux vaut ne pas raisonner uniquement en références de catalogue. Un bureau d’études ou un maçon expérimenté pourra recommander un treillis plus dense, comme un ST35 ou un ST40C, voire une double nappe.
Les règles de pose qui garantissent une dalle durable
Un treillis posé à même le sol ne sert pratiquement à rien, puisqu’il se retrouve au fond de la dalle, là où il ne reprend aucun effort. Il faut le surélever avec des cales ou des distanciers en plastique pour obtenir un enrobage de béton d’au moins 3 cm, et plutôt 4 à 5 cm à l’extérieur.
Les panneaux se chevauchent sur au moins deux mailles et se ligaturent au fil recuit pour former une nappe continue. Le sens porteur du ST25, celui des fils espacés de 15 cm, s’oriente dans la longueur de la dalle, là où les fissures de retrait ont le plus de chances d’apparaître.
Vérifiez enfin l’état des panneaux avant le coulage. Une légère rouille superficielle n’a rien de gênant et améliore même l’adhérence du béton, alors qu’une corrosion feuilletée ou des soudures cassées justifient un remplacement.

Normes et certification, les repères avant d’acheter
En France, les treillis soudés de construction relèvent de la norme NF A 35-080-2 et peuvent bénéficier de la certification AFCAB, qui contrôle la qualité de l’acier et la tenue des soudures. Le dimensionnement des ouvrages en béton armé s’appuie sur l’Eurocode 2, tandis que les dallages de maison individuelle suivent les prescriptions du DTU 13.3.
Un panneau vendu sans marquage ni étiquette de traçabilité doit éveiller la méfiance, surtout à prix cassé. Demander la fiche technique au vendeur prend deux minutes et évite de noyer dans le béton un acier de qualité douteuse, impossible à contrôler une fois la dalle coulée.